« La première chose que nous avons dû faire était de convertir en relief la bande-annonce. Cela nous a permis de comprendre ce que nos clients recherchaient pour la conversion du long-métrage », a déclaré Richard Baker, responsable de la 3D chez Prime Focus World (PFW). Ayant déjà réalisé la conversion en 3D du film Gravity, l'équipe de PFW n'en était pas à son premier projet de science-fiction. L'équipe a dû convertir plus de 200 plans de « Seul sur Mars » en 3D, en veillant à bien souligner le sentiment de solitude du personnage principal. Elle a également dû les harmoniser avec le reste des séquences en relief du film, qui avaient été tournées en 3D native sur le plateau.

Un sens aigu du détail:

« Le stéréographe employé par notre client, Gareth Daley, a l'habitude de travailler en stéréo native et possède un sens aigu du détail », se souvient Baker. « Gareth et l'équipe ont établi le rendu 3D natif sur le plateau pendant le tournage du film, dont la plupart des séquences ont été capturées en relief. Ainsi, lorsque nous avons reçu les plans que nous devions convertir, notamment les séquences de paysages tournées en hélicoptère qui n'avaient pas pu être capturées en stéréo native, nous avions une référence et nous avons pu harmoniser nos conversions avec le reste du film. » Afin d’assurer la cohérence de l’ensemble, l'équipe de PFW a créé des séquences en relief contenant des effets de perspective qui ont permis de créer une profondeur d’image plus vraisemblable. « Nous avons obtenu un rendu dans lequel l'arrière-plan, notamment les collines au loin, était constitué de multiples couches qui donnaient l'impression que les collines étaient situées à des dizaines de kilomètres les unes des autres », a ajouté Baker. « Nous voulions également donner l'impression que le personnage principal était seul sur cette planète et avons manipulé la profondeur pour donner l'illusion qu'il était entouré d'un monde gigantesque. »



Géométrie 3D:

Comme pour le film « Gravity », les techniciens de chez PFW ont dû convertir les casques des combinaisons spatiales, des éléments dont l’extraction de la profondeur aurait été difficile à cause de la réflexion et de la réfraction. En utilisant le visage et le casque en géométrie 3D fournis par la production, l'équipe londonienne de PFW a suivi le mouvement des scans du personnage sur les séquences originales. Elle a ensuite produit une carte de profondeur qui, associée à la rotoscopie, a été convertie en 3D par View-D. 

Un des défis principaux pour créer le monde en relief de « Seul sur Mars » a été résolu grâce à Fusion Studio. En effet, le logiciel a permis d'automatiser les outils du workflow View-D qui étaient utilisés pour retravailler les plans réalisés par PFW. « Pour créer l’esthétique du film, Ridley a considérablement augmenté la netteté des séquences lors du DI et cela s'est remarqué lors de notre travail sur la bande-annonce », a expliqué Baker. « Cette amélioration de la netteté a eu des conséquences sur le contour des objets lors de la conversion. En général, ces problèmes ne se remarquent pas sur les séquences originales, mais ils deviennent visibles sur les séquences retouchées. » « Pour y remédier, nous recevions les plans de nos techniciens en format EXR et nous y appliquions nos scripts Fusion pour réaliser un nouvel étalonnage et les rendre plus nets. Je pouvais ainsi comparer les séquences originales fournies par le client avec les séquences nettes et étalonnées du studio et identifier les contours à retravailler. Le client était ravi du résultat. »




« Si Ridley réalise un nouveau film, lance-t-il, nous serons de la partie ! »